Parfois appelé Régisseur ou Responsable Vigne, le Chef de Culture est un métier clé au sein d’un Domaine viticole. Nous avons rencontré Baptiste, 28 ans, Chef de culture dans un Domaine en Provence.

En quoi consiste ton métier ?

À gérer le Domaine dans son ensemble et en particulier les vignes. Cela passe par la planification, le suivi d’avancement et de réalisation des travaux, l’amélioration technique, la veille réglementaire et des meilleures techniques en vigne, la gestion des budgets, l’entretien et le renouvellement du matériel… Il y a aussi une grosse part de recrutement et de gestion d’équipe.

Quel a été ton parcours pour devenir Chef de Culture ?

Je viens d’une famille de maraîchers et de viticulteurs, j’ai toujours baigné dans ce milieu. Après mon Bac S, je me suis dirigé vers des études d’Ingénieur Agronome. J’ai occupé un poste de commercial en agrofourniture, mais j’ai vite compris que ce n’était pas pour moi. C’est à ce moment-là que j’ai pris le poste de Chef de Culture.

Quel sont les enjeux de ton poste ?

Le Domaine pour lequel je travaille a la particularité de produire des vins haut de gamme. Je suis donc attendu sur plusieurs choses : l’entretien d’un Domaine irréprochable, la pérennité du vignoble et la récolte d’un raisin de qualité en quantité suffisante.

Quelle est la saisonnalité de ton activité ?

Pour faire simple, on peut découper l’année en 4 saisons : L’hiver : c’est le début d’un nouveau cycle, la période de la taille, des labours, et des plantations. Le printemps : on attaque les travaux en vert avec l’ébourgeonnage, l’enfilage, l’égrappage. L’été : c’est la saison des vendanges. L’automne : c’est un temps plus calme consacré à l’entretien du Domaine et l’arrachage de certaines parcelles.

Quelle est la plus grosse période de l’année ?

On a tendance à penser que ce sont les vendanges, mais pour nous la plus grosse période c’est surtout les travaux en vert ! Les exigences de qualité sur notre Domaine demandent beaucoup de travail en amont de la récolte (ébourgeonnage, égrappage).

Quels sont les projets d’innovation sur lesquels tu travailles ?

Là nous sommes en conversion vers le Bio, c’est important aujourd’hui d’avoir ce label, même si le Domaine a toujours eu une philosophie très respectueuse de la nature. À côté, j’essaie de mettre en place des actions pour que notre activité soit en harmonie avec l’environnement. Par exemple, même si les doses que nous utilisons pour traiter les vignes contre les maladies sont très faibles, il y a toujours un impact sur le milieu. En ce moment,  je suis en train de mettre en place un système de récupération des effluents pour que cet impact soit encore réduit.

Ta journée type en ce moment ?

À 07h00, je fais l’accueil et le pointage des équipes, le brief de la journée et le lancement des travaux. Ensuite je tourne sur le vignoble pour vérifier l’avancement et le respect des consignes de travail et de sécurité. Je suis au maximum sur le terrain pour rester proche de la réalité du travail et des équipes, et aussi parce qu’elles ont beaucoup à m’apprendre. Je n’ai que 28 ans, alors que certains permanents travaillent sur le Domaine depuis plus de 30 ans. En fin de matinée, je suis au bureau pour m’occuper des tâches administratives, de la gestion des ressources humaines – nous sommes 10 ouvriers agricoles à l’année, et il y a 50 saisonniers en ce moment – ça prend donc du temps ! L’après-midi, je refais un tour des chantiers et à 15h00 c’est la fin de journée pour les équipes. Pour ma part, je retourne au bureau jusqu’à 16h00 – 17h00 environ, ça dépend des jours.

Quelles sont les qualités nécessaires à ce métier ?

Beaucoup de rigueur et d’anticipation, c’est un métier qui demande de l’organisation mais aussi de la réactivité. Il faut aussi de la patience, de la communication et de l’autorité pour le côté managérial du métier. Il ne faut pas avoir peur de se dépenser ! C’est assez physique. Et bien sûr, il faut être passionné de nature.